Une autre conception du "bien vieillir"

Publié le par JPL

" En France et en Allemagne, tout comme en Chine et au Japon, on s’inquiète du vieillissement de la population. Il n’y aurait plus assez d’actifs pour payer les retraites. Et si l’on renversait la perspective ? Si l’on brisait les cycles sociaux préétablis où, avant 30 ans, les jeunes ne peuvent pas trouver un emploi stable ; où, après 50 ans, les salariés sont marginalisés, voire expulsés de l’entreprise ; où, entre les deux, l’intensification du travail use les corps et les esprits... "

 

" Alors que, depuis les années 1970, ont été gagnés en France dix ans d’espérance moyenne de vie, l’espérance de vie professionnelle a, au contraire, diminué de douze ans, selon Serge Guérin ! Dans la plupart des entreprises françaises, on est réputé vieux dès la quarantaine : « Le monde de l’entreprise fait des salariés de plus de 45 ans des seniors prématurés, les privant notamment du droit à la formation », note-t-il. On cherche donc à s’en débarrasser, grâce à une panoplie de moyens allant de la préretraite au licenciement : « En France, le taux d’activité des 55-64 ans (38,3 %) est l’un des plus faibles d’Europe. » Pour des centaines de milliers de quinquagénaires, la fin de vie professionnelle tourne au cauchemar, et la retraite s’engage ainsi sous de bien mauvais auspices. "

 

Article du philosophe Lucien Sève (Le Monde diplomatique, janvier 2010)

Publié dans le-belogue

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